{"id":379,"date":"2017-09-10T17:08:50","date_gmt":"2017-09-10T15:08:50","guid":{"rendered":"https:\/\/www.alchimiedesbougies.fr\/blog\/?p=379"},"modified":"2017-09-10T17:10:54","modified_gmt":"2017-09-10T15:10:54","slug":"apiculteurs-etrusques","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.alchimiedesbougies.fr\/blog\/apiculteurs-etrusques\/","title":{"rendered":"Une \u00e9tude r\u00e9v\u00e8le les secrets de fabrication des apiculteurs \u00e9trusques"},"content":{"rendered":"<h3><strong><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-380 aligncenter\" src=\"https:\/\/www.alchimiedesbougies.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/Danseurs-\u00e9trusques-de-la-tombe-du-Triclinium-470-av.-J.-C.-300x220.jpg\" alt=\"Danseurs \u00e9trusques de la tombe du Triclinium (470 av. J.-C.)\" width=\"445\" height=\"326\" srcset=\"https:\/\/www.alchimiedesbougies.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/Danseurs-\u00e9trusques-de-la-tombe-du-Triclinium-470-av.-J.-C.-300x220.jpg 300w, https:\/\/www.alchimiedesbougies.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/Danseurs-\u00e9trusques-de-la-tombe-du-Triclinium-470-av.-J.-C..jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 445px) 85vw, 445px\" \/><\/strong><\/h3>\n<h3><strong>Les analyses sophistiqu\u00e9es de vestiges arch\u00e9ologiques rares r\u00e9v\u00e8lent, entre autres, que les apiculteurs \u00e9trusques faisaient butiner leurs abeilles en bateau.<\/strong><\/h3>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>En 1878, un industriel en miel de Chicago a une brillante id\u00e9e. Les abeilles, raisonne-t-il, ne travaillent qu\u2019une petite partie de l\u2019ann\u00e9e, principalement au printemps, lorsque les plantes sont en fleur. Or sur l\u2019immense territoire am\u00e9ricain, la saison n\u2019a pas lieu partout aux m\u00eames dates. L\u2019industriel se propose donc de faire suivre \u00e0 ces insectes l\u2019avanc\u00e9e du printemps vers le nord, de fa\u00e7on \u00e0 ce qu\u2019ils butinent beaucoup plus longtemps et produisent une plus grande quantit\u00e9 de miel. Confiant en son inspiration, il ach\u00e8te un bateau \u00e0 vapeur, des colonies d\u2019abeilles, des ruches, des barges pour les entreposer, et engage un \u00e9quipage. Il s\u2019embarque sur le Mississippi en Louisiane, direction le Minnesota pr\u00e8s deux mille kilom\u00e8tres plus au nord. Peu lui importe les habitudes calmes des apiculteurs, il ne compte pas tra\u00eener en route : le planning ne pr\u00e9voit g\u00e9n\u00e9ralement pas plus d\u2019une journ\u00e9e dans chaque zone, que les abeilles devront avoir ratiss\u00e9 de tout nectar. Las ! Non seulement avaries et accidents viendront vite retarder l\u2019audacieuse entreprise, mais l\u2019industriel doit faire face \u00e0 un probl\u00e8me beaucoup plus ennuyeux : les abeilles tombent \u00e0 l\u2019eau, fauchant les colonies l\u2019une apr\u00e8s l\u2019autre. La rentabilit\u00e9 de l\u2019aventure devenant financi\u00e8rement intenable, l\u2019industriel est bien oblig\u00e9 de jeter l\u2019\u00e9ponge.<\/p>\n<p>Peut-\u00eatre ce dernier aurait-il pu s\u2019inspirer utilement de l\u2019exemple de lointains pr\u00e9d\u00e9cesseurs, les \u00c9trusques. Vers 50 apr. J.-C. l\u2019\u00e9crivain romain Pline l\u2019ancien relate dans son <em>Histoire naturelle<\/em>, sorte de monumentale encyclop\u00e9die des connaissances et croyances de son temps, une curieuse pratique chez les populations de la brillante civilisation toscane, pass\u00e9e depuis quelques si\u00e8cles sous la domination de Rome. \u00ab <em>J\u2019ai trouv\u00e9 sur la nourriture des abeilles un fait singulier, et digne d\u2019\u00eatre rapport\u00e9. Il est un bourg appel\u00e9 Hostilia, et baign\u00e9 par le P\u00f4; les habitants, quand la nourriture manque dans les environs, mettent les ruches sur des bateaux, et chaque nuit ils leur font remonter un espace de cinq mille pas; au jour, les abeilles sortent et vont butiner; elles reviennent aux bateaux, et ainsi on les change de lieu jusqu\u2019\u00e0 ce que, le poids faisant enfoncer davantage les bateaux, on comprend que les ruches sont pleines : on revient alors, et on recueille le miel.<\/em> \u00bb Mais Pline s\u2019en tenant comme toujours \u00e0 une \u00e9criture plut\u00f4t laconique, difficile de savoir s\u2019il tenait ses informations de premi\u00e8re, seconde\u2026 ou cinqui\u00e8me main. Certains de ses commentateurs l\u2019ont parfois soup\u00e7onn\u00e9 d\u2019avoir voulu trop embrasser, tout \u00e0 son projet encyclop\u00e9dique, en se montrant peu regardant sur la qualit\u00e9 de ses sources. M\u00eame s\u2019il se r\u00e9v\u00e8le \u00e0 l\u2019usage un auteur particuli\u00e8rement scrupuleux, dans trente-sept tomes, il y a bien s\u00fbr mati\u00e8re \u00e0 v\u00e9rifications, et les savants de toutes sortes et de toutes \u00e9poques s\u2019y sont essay\u00e9s, parmi lesquels, bien s\u00fbr, quelques arch\u00e9ologues.<\/p>\n<p>De ce point de vue, la d\u00e9couverte d\u2019une \u00e9quipe italo-am\u00e9ricaine repr\u00e9sente une occasion assez exceptionnelle. Car d\u00e9celer les vestiges des activit\u00e9s des apiculteurs reste rarissime. Ceux-ci proviennent du site italien de Forcello, d\u00e9gag\u00e9 depuis de nombreuses ann\u00e9es par des fouilles. Il s\u2019agit d\u2019un \u00e9ph\u00e9m\u00e8re petit port de commerce \u00e9trusque sur l\u2019ancien lac d\u2019un affluent du P\u00f4, tr\u00e8s li\u00e9 au principaux ports de la mer Adriatique par lesquels les \u00c9trusques commer\u00e7aient avec les Grecs. Dans ce qui \u00e9tait sans doute la propri\u00e9t\u00e9 d\u2019un aristocrate, se trouvait une sorte d\u2019atelier ou d\u2019appentis, avec des murs en torchis. Mais vers 500 ans av. J.-C., un violent incendie r\u00e9duit la pi\u00e8ce en cendres. On ne sait ce que ses occupants ont pu en sauver.<\/p>\n<p>Certaines abeilles, en tout cas, n\u2019ont pu y \u00e9chapper :\u00a0les arch\u00e9ologues les ont retrouv\u00e9es, carbonis\u00e9es, dans les vestiges. Au vu de leur forme, il s\u2019agissait bien des abeilles domestiques habituelles en Europe. Ce qui n\u2019\u00e9tait pas compl\u00e8tement pr\u00e9visible, tant la d\u00e9couverte de ces insectes pour des \u00e9poques anciennes est rarissime (et en Asie, les apiculteurs utilisaient d\u2019autres esp\u00e8ces, cousines de la premi\u00e8re, tandis que les Mayas avaient domestiqu\u00e9 un autre genre d\u2019abeille, sans dard).<img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-381 aligncenter\" src=\"https:\/\/www.alchimiedesbougies.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/Abeille-carbonis\u00e9e-retrouv\u00e9e-par-les-arch\u00e9ologues-prise-dans-une-gangue-de-miel-et-de-cire-br\u00fbl\u00e9s-L.-Castellano-300x230.jpg\" alt=\"Abeille carbonis\u00e9e retrouv\u00e9e par les arch\u00e9ologues, prise dans une gangue de miel et de cire br\u00fbl\u00e9s (L. Castellano)\" width=\"420\" height=\"322\" srcset=\"https:\/\/www.alchimiedesbougies.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/Abeille-carbonis\u00e9e-retrouv\u00e9e-par-les-arch\u00e9ologues-prise-dans-une-gangue-de-miel-et-de-cire-br\u00fbl\u00e9s-L.-Castellano-300x230.jpg 300w, https:\/\/www.alchimiedesbougies.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/Abeille-carbonis\u00e9e-retrouv\u00e9e-par-les-arch\u00e9ologues-prise-dans-une-gangue-de-miel-et-de-cire-br\u00fbl\u00e9s-L.-Castellano.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 420px) 85vw, 420px\" \/><\/p>\n<p>Mais qui dit abeille ne dit pas forc\u00e9ment apiculture. Or l\u2019immense majorit\u00e9 des vestiges, br\u00fbl\u00e9s, \u00e9taient bien difficiles \u00e0 identifier. C\u2019est pourquoi les chercheurs les ont soumis \u00e0 une batterie d\u2019analyses chimiques. Celles-ci ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9 que de petites concr\u00e9tions noires retrouv\u00e9es en abondance \u00e9taient probablement des gouttes de cire et de miel ayant fondu et s\u2019\u00e9tant m\u00e9lang\u00e9s avec la terre du sol en tombant.<\/p>\n<p>Cette cire et ce miel provenaient vraisemblablement des rayons d\u2019une ruche. En effet, en un endroit, la carbonisation avait miraculeusement conserv\u00e9 leur forme hexagonale caract\u00e9ristique. Une ou plusieurs ruches \u00e9taient-elles pr\u00e9sentes dans la pi\u00e8ce ? Sans doute pas, car la pi\u00e8ce avait plusieurs fonctions : les arch\u00e9ologues y ont retrouv\u00e9\u00a0des restes de m\u00e9tiers \u00e0 tisser et d\u2019un important artisanat du corail. L\u2019\u00e9quipe estime donc plut\u00f4t que les artisans y entreposaient les rayons pour en extraire la cire et le miel. Gr\u00e2ce \u00e0 un patient relev\u00e9 de la r\u00e9partition des charbons de bois dans la pi\u00e8ce, les chercheurs ont en tout cas pu montrer que la ruche ou le meuble sur lequel se trouvaient les rayons \u00e9tait en figuier, tandis que les poutres ou piliers \u00e9taient probablement en fr\u00eane et en ch\u00eane.<\/p>\n<p>Toutefois, l\u2019enqu\u00eate n\u2019\u00e9tait pas finie. Il restait encore quelques indices \u00e0 exploiter : les pollens. Leurs sp\u00e9cialistes, dans les laboratoires d\u2019arch\u00e9ologie, analysent leurs diff\u00e9rents types, caract\u00e9ristiques de telle ou telle esp\u00e8ce d\u2019arbre ou de plantes. Habituellement, cela leur permet d\u2019\u00e9valuer quelle pouvait \u00eatre la v\u00e9g\u00e9tation autour de tel ou tel site ancien. D\u2019apr\u00e8s leurs analyses, le site de Forcello \u00e9tait entour\u00e9 des m\u00eames vastes for\u00eats qui recouvraient la plaine du P\u00f4 \u00e0 l\u2019\u00e9poque. Celles-ci \u00e9taient l\u2019un des \u00e9l\u00e9ments de la puissance des \u00c9trusques, en leur fournissant les quantit\u00e9s consid\u00e9rables de bois en g\u00e9n\u00e9ral n\u00e9cessaires \u00e0 l\u2019obtention du fer, plomb, cuivre, argent dont les gisements parsemaient le territoire.<img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-382 aligncenter\" src=\"https:\/\/www.alchimiedesbougies.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/pollen-et-cire-dabeille-300x185.png\" alt=\"pollen et cire d'abeille\" width=\"454\" height=\"280\" srcset=\"https:\/\/www.alchimiedesbougies.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/pollen-et-cire-dabeille-300x185.png 300w, https:\/\/www.alchimiedesbougies.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/pollen-et-cire-dabeille.png 510w\" sizes=\"(max-width: 454px) 85vw, 454px\" \/><\/p>\n<p>Mais avec les pollens, il y avait mieux, la possibilit\u00e9 d\u2019\u00e9tudier les habitudes des abeilles et donc des apiculteurs \u00e9trusques. Or les chercheurs avaient pu distinguer deux types de restes carbonis\u00e9s :\u00a0ceux constitu\u00e9s par le miel et la cire m\u00eal\u00e9s \u00e0 la terre, et ceux compos\u00e9s par le \u00ab pain d\u2019abeille \u00bb. Ce dernier est une mixture ferment\u00e9e, principalement constitu\u00e9e de pollen, que pr\u00e9parent les abeilles. R\u00e9serve de nourriture, c\u2019est une importante source de prot\u00e9ines pour les larves et les jeunes abeilles. Les types de pollens qui s\u2019y trouvent refl\u00e8tent donc les fleurs dans lesquelles butinaient ces insectes.<\/p>\n<p>\u00c9trangement, les abeilles du site \u00e9trusque semblaient raffoler des fleurs d\u2019une plante aquatique aujourd\u2019hui tr\u00e8s rare dans la plaine du P\u00f4, le faux-n\u00e9nuphar. De m\u00e9moire d\u2019apiculteur europ\u00e9en, on n\u2019a pas vraiment souvenir de ce go\u00fbt prononc\u00e9 des abeilles pour une telle fleur, m\u00eame s\u2019il est compr\u00e9hensible : parfum intense, facilit\u00e9 d\u2019acc\u00e8s du nectar, longue p\u00e9riode de floraison, le faux-n\u00e9nuphar a tous les attraits pour s\u00e9duire les butineuses. Un potentiel qui n\u2019avait pas \u00e9chapp\u00e9 aux \u00c9trusques, visiblement. Seulement, comment faisaient les apiculteurs pour y faire butiner leurs abeilles ? Car en 500 av. J.-C., il n\u2019y en avait pas partout : les carottages r\u00e9alis\u00e9s par les chercheurs sur les rives du lac n\u2019en ont pas retrouv\u00e9.<\/p>\n<p>Par cons\u00e9quent, le plus simple, pour y amener les ruches n\u2019\u00e9tait pas le transport \u00e0 dos d\u2019\u00e2ne, mais vraisemblablement par bateau, comme le d\u00e9crivait Pline. Certes, celui-ci traite de pratiques post\u00e9rieures de quelques si\u00e8cles au site \u00e9trusque, mais celles-ci se d\u00e9roulaient tout pr\u00e8s, dans la ville d\u2019Ostiglia \u00e0 une vingtaine de kilom\u00e8tres en aval.<\/p>\n<p>Dans les pollens relev\u00e9s par les chercheurs, il y a aussi, en moindre quantit\u00e9, d\u2019autres fleurs qui poussent souvent aux abords des villages dans les friches et les d\u00e9combres (grande mauve, ambrette, pas-d\u2019\u00e2ne, menthe, etc.) L\u2019\u00e9quipe sugg\u00e8re que c\u2019est en revenant au village que les abeilles les butinaient, tandis que les apiculteurs r\u00e9cup\u00e9raient miel et cire dans des ateliers comme celui qui a br\u00fbl\u00e9.<\/p>\n<p>Bref, il y a de bonnes chances que les \u00c9trusques aient pratiqu\u00e9 l\u2019apiculture par bateau. Un sc\u00e9nario qui para\u00eet tout \u00e0 fait plausible \u00e0 Bernard Vaissi\u00e8re, sp\u00e9cialiste de pollinisation \u00e0 l\u2019Inra, qui note que la pratique perdure aujourd\u2019hui \u00ab\u00a0<em>dans certaines r\u00e9gions en Europe, comme dans le delta du Danube et en Hongrie.<\/em> \u00bb<\/p>\n<p>L\u2019histoire ne dit pas en revanche, comment les \u00c9trusques \u00e9vitaient de perdre des abeilles par noyade. Mais sur ce point, comment ne pas se r\u00e9f\u00e9rer au po\u00e8te Virgile, pr\u00e9cis\u00e9ment originaire de cette r\u00e9gion \u00e9trusque, qui recommandait au lecteur de ses <em>G\u00e9orgiques<\/em>, un si\u00e8cle et demi avant Pline :\u00a0\u00ab <em>Au milieu de l\u2019eau, soit qu\u2019immobile elle dorme, soit qu\u2019elle coule, jette en travers des troncs de saule et des grosses pierres, comme autant de ponts, o\u00f9<\/em> [les abeilles] <em>puissent d\u00e9ployer leurs ailes au soleil d\u2019\u00e9t\u00e9, si d\u2019aventure, travailleuses attard\u00e9es, elles ont \u00e9t\u00e9 mouill\u00e9es ou pr\u00e9cipit\u00e9es dans Neptune, par l\u2019Eurus<\/em> [le vent d\u2019est]. \u00bb<\/p>\n<h6>Du miel de vigne ?<\/h6>\n<p>Hormis le pain d\u2019abeille, l\u2019autre grande source de nourriture des ruches est bien s\u00fbr le miel, obtenu \u00e0 partir du nectar. Sur le site \u00e9trusque, l\u2019analyse des pollens semble claire :\u00a0il s\u2019agirait d\u2019une sp\u00e9cialit\u00e9 culinaire peu banale, du miel de vigne. Y avait-il des vignobles \u00e0 proximit\u00e9, \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 les \u00c9trusques exportaient abondamment leur vin, notamment en Gaule ? Ou les abeilles allaient-elles butiner de la vigne sauvage, vraisemblablement suspendues en treille dans les arbres aux abords des for\u00eats, dont d\u2019apr\u00e8s l\u2019\u00e9quipe, elles pr\u00e9f\u00e8rent en g\u00e9n\u00e9ral les fleurs. Difficile de trancher, car les p\u00e9pins retrouv\u00e9s sur le site \u00e9trusque sont mi-domestique mi-sauvage, et des recherches ont montr\u00e9 il y a quelques ann\u00e9es que les populations cultivaient ensemble tout un continuum entre ces deux types de raisins durant l\u2019Antiquit\u00e9. Vue depuis l\u2019\u00e9poque actuelle, l\u2019hypoth\u00e8se de l\u2019\u00e9quipe semble en tout cas pour Bernard Vaissi\u00e8re plut\u00f4t os\u00e9e :\u00a0\u00ab <em>en g\u00e9n\u00e9ral, les abeilles europ\u00e9ennes butinent rarement les diff\u00e9rents types de vigne, et ne le font que pour y chercher du pollen.<\/em> \u00bb Difficile pour lui d\u2019imaginer qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9poque des \u00c9trusques, elles soient venues y chercher du nectar en quantit\u00e9 suffisante pour y faire du miel.<\/p>\n<h6>Tr\u00e8s peu de traces des d\u00e9buts de l\u2019apiculture<\/h6>\n<p>Que les hommes pr\u00e9historiques aient consomm\u00e9 du miel depuis au moins des centaines de milliers d\u2019ann\u00e9es, cela ne fait gu\u00e8re de doute, ne serait-ce qu\u2019en observant les tr\u00e9sors d\u2019ing\u00e9niosit\u00e9 que d\u00e9ploient nos cousins les chimpanz\u00e9s pour chiper aux abeilles leur fruit de leur production. En Europe occidentale, il est rest\u00e9 pendant des mill\u00e9naires, jusqu\u2019\u00e0 l\u2019introduction de la canne \u00e0 sucre \u00e0 partir de la fin de l\u2019Antiquit\u00e9, le principal moyen de sucrer facilement la nourriture. Que les hommes aient utilis\u00e9 la cire d\u2019abeille comme ingr\u00e9dient dans diverses colles, imperm\u00e9abilisants, etc, cela est attest\u00e9 et remonte au minimum \u00e0 7000 ans av. J.-C. d\u2019apr\u00e8s des analyses de tessons de c\u00e9ramiques publi\u00e9es il y a deux ans. Elles montrent que son utilisation \u00e9tait largement r\u00e9pandue au Proche-orient, en Europe de l\u2019ouest et en Afrique du nord il y a quelques milliers d\u2019ann\u00e9es. En revanche, que les hommes soient all\u00e9s jusqu\u2019\u00e0 fabriquer des ruches et domestiquer des abeilles, c\u2019est beaucoup plus difficile \u00e0 \u00e9tablir : les ruches \u00e9taient souvent en mat\u00e9riau p\u00e9rissable, et insectes et micro-organismes se font une joie de d\u00e9barrasser rapidement les lieux de toute trace de miel. Heureusement, il existe une peinture \u00e9gyptienne de 2400 ans av. J.-C. qui montre indubitablement des apiculteurs face \u00e0 des ruches. C\u00f4t\u00e9 arch\u00e9ologie, la r\u00e9colte \u00e9tait bien mince avant l\u2019Antiquit\u00e9, jusqu\u2019\u00e0 la tr\u00e8s belle d\u00e9couverte il y a dix ans de ruches en Isra\u00ebl dat\u00e9es d\u2019environ 1000 ans av. J.-C. Elles t\u00e9moignent d\u2019une apiculture quasi-industrielle d\u00e8s cette \u00e9poque. Pour les si\u00e8cles qui suivent, les arch\u00e9ologues ont retrouv\u00e9, en Gr\u00e8ce et en Espagne notamment, des ruches en c\u00e9ramique, en forme de gros vases couch\u00e9s et stri\u00e9s. Mais cela ne repr\u00e9sente qu\u2019un petit \u00e9chantillon des nombreux mod\u00e8les existant pendant l\u2019Antiquit\u00e9 en \u00e9corce, bois, bouse, etc. dont les m\u00e9rites \u00e9taient abondamment discut\u00e9s par les auteurs antiques.<\/p>\n<p><em>Source: archeo.blog.lemonde.fr \/ Nicolas Constans<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les analyses sophistiqu\u00e9es de vestiges arch\u00e9ologiques rares r\u00e9v\u00e8lent, entre autres, que les apiculteurs \u00e9trusques faisaient butiner leurs abeilles en bateau.<\/p>\n","protected":false},"author":4,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[21],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.alchimiedesbougies.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/379"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.alchimiedesbougies.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.alchimiedesbougies.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.alchimiedesbougies.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/4"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.alchimiedesbougies.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=379"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.alchimiedesbougies.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/379\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":386,"href":"https:\/\/www.alchimiedesbougies.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/379\/revisions\/386"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.alchimiedesbougies.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=379"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.alchimiedesbougies.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=379"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.alchimiedesbougies.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=379"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}